
{"id":377,"date":"2014-08-23T01:35:01","date_gmt":"2014-08-23T07:35:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/?p=377"},"modified":"2020-05-18T15:55:36","modified_gmt":"2020-05-18T13:55:36","slug":"1954-2014-anniversaire-dun-silence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/","title":{"rendered":"1954-2014 : anniversaire d&#8217;un silence"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.paypal.me\/sarahroubatofr\"><img loading=\"lazy\" class=\" size-medium wp-image-1026 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/mafalda9-300x214.jpg\" alt=\"mafalda9\" width=\"300\" height=\"214\" srcset=\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/mafalda9-300x214.jpg 300w, https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/mafalda9-150x107.jpg 150w, https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/mafalda9.jpg 378w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em> article parmi les 35 finalistes du prix du t\u00e9moignage 2014 par les \u00e9ditions Le Manuscrit et le Huffington Post\u00a0 <\/em><\/p>\n<p>Septembre 1962, \u00e9cole pour filles de Maisons-Alfort, en banlieue parisienne. Dans une classe de CM1, l\u2019institutrice pr\u00e9sente une nouvelle venue\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Voici une nouvelle camarade, Monique. D\u2019o\u00f9 tu viens Monique ?<\/p>\n<p>La petite fille brune crispe ses mains sur son tablier.<\/p>\n<p>&#8211; Je sais pas.<\/p>\n<p>&#8211; Comment \u00e7a, tu sais pas d\u2019o\u00f9 tu viens ?<\/p>\n<p>&#8211; Non je sais pas\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Silence dans la classe.<\/p>\n<p>Paris, septembre 2001. Premier jour de lyc\u00e9e pour la fille de Monique. \u00c0 la r\u00e9cr\u00e9ation, les \u00e9l\u00e8ves font connaissance\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et toi tu es d\u2019o\u00f9 ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les mains de Sarah se crispent. C\u2019est la premi\u00e8re fois qu\u2019on lui pose cette question.<\/p>\n<p>\u00ab Moi ?\u00a0Bah, je suis de France, pourquoi ?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>1954-2014. Cette ann\u00e9e, Monique f\u00eate ses soixante ans. Elle est n\u00e9e en m\u00eame temps que la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. Enfin en m\u00eame temps que rien du tout, en m\u00eame temps que la chose \u00e0 ne pas dire. \u00ab\u00a0Guerre\u00a0\u00bb, le mot interdit pendant quarante-cinq ans. \u00ab\u00a0Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb, le mot que sa m\u00e8re lui avait interdit de prononcer ce matin l\u00e0, en lui mettant son nouveau tablier.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Alors tu as bien compris, si on te demande d\u2019o\u00f9 tu viens, tu ne dis pas qu\u2019on vient d\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>&#8211; Oui Maman.<\/p>\n<p>&#8211; Et surtout, tu ne dis pas qu\u2019on est Juifs\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Monique a ob\u00e9i. Elle a ni\u00e9. Malgr\u00e9 sa peau brune, insolemment brune. Et quand sa fille lui demandera plus tard de lui raconter l\u2019Alg\u00e9rie, elle r\u00e9pondra\u00a0: \u00ab M\u2019en souviens pas.\u00a0J\u2019\u00e9tais trop petite\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une petite sc\u00e8ne de famille o\u00f9 se joue d\u00e9j\u00e0 la grande Histoire, celle qu\u2019on apprend bien plus tard dans les livres d\u2019\u00e9cole. C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un silence l\u00e9gu\u00e9, un silence pour survivre. Presque rien, quoi. Comment t\u00e9moigne-t-on du silence ?<\/p>\n<p><strong>Se taire pour survivre<\/strong><\/p>\n<p>Arriv\u00e9s en \u00e9t\u00e9 1962, la famille de Monique s\u2019installe dans un petit appartement de la banlieue parisienne. Tout \u00e0 recommencer. O\u00f9 c\u2019est qu\u2019on ach\u00e8te le pain ? Comment on fait pour laver le linge ? Ici tout est gris. Ici on a un accent. Ici faut pas parler trop fort. Le p\u00e8re doit chercher du travail. Quelque chose s\u2019est \u00e9teint en lui. Il y a des moments o\u00f9 son regard se perd dans le vide. Ses mots sonnent gris comme l\u2019air de Paris, comme les immeubles, comme les trottoirs. Il est plus fragile que sa femme, car son autorit\u00e9 d\u00e9pend plus de sa position sociale. La m\u00e8re, elle, r\u00e8gne sur le foyer, et reste la seule colonne sans qui tout s\u2019\u00e9croulerait. C\u2019est elle qui fera que le soir \u00e0 table, on retrouve un peu le go\u00fbt de chez soi. On s\u2019accroche \u00e0 elle, aux petits gestes qu\u2019elle trouve \u00e0 faire, \u00e0 la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019elle a de faire son chignon, aux \u00e9pingles qu\u2019elle laisse toujours tomber, aux phrases rituelles qu\u2019elle dit pour nous endormir, \u00e0 l\u2019odeur du linge propre quand il a fini de s\u00e9cher \u00e0 la fen\u00eatre. C\u2019est s\u00fbr, <em>l\u00e0-bas<\/em> on avait le grand balcon. Mais \u00e7a fait toujours le m\u00eame effet, l\u2019odeur du linge.<\/p>\n<p>Et pourtant, celle qui cr\u00e9e une continuit\u00e9 entre l\u00e0-bas et ici ordonne ce matin-l\u00e0 \u00e0 sa fille une amn\u00e9sie des origines. C\u2019est qu\u2019elle a quelque chose d\u2019important \u00e0 accomplir\u00a0: la survie de ses enfants. Pas la survie physique, \u00e7a c\u2019\u00e9tait quand ils se sont d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 partir, \u00e0 la derni\u00e8re minute. Maintenant, il s\u2019agit de la survie sociale. Il faut que ses enfant puissent se construire ici. Alors elle redouble d\u2019attention, elle soigne leurs habits tant qu\u2019elle peut, elle leur recommande d\u2019\u00eatre bien polis. Ah si seulement Monique n\u2019\u00e9tait pas aussi brune ! L\u2019autre jour quand la voisine a vu la p\u2019tite, elle lui a demand\u00e9 en fron\u00e7ant les sourcils si elle venait vraiment d\u2019Italie.<\/p>\n<p>Monique sait bien qu\u2019elle a quitt\u00e9 une guerre. Elle sait pas le mot, mais elle conna\u00eet le bruit des bombes, les morts dans la rue, les coupures d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, l\u2019inqui\u00e9tude de sa m\u00e8re pench\u00e9e au balcon quand son p\u00e8re tardait \u00e0 rentrer. Quand Maman a peur, faut plus bouger. Ce matin-l\u00e0, c\u2019est la m\u00eame peur que Monique a vu dans les yeux de sa m\u00e8re. Alors elle a compris que c\u2019\u00e9tait important. Et quand \u00e0 la r\u00e9cr\u00e9ation l\u2019institutrice lui a demand\u00e9 de rester dans la classe, qu\u2019elle s\u2019est pench\u00e9e sur elle, et qu\u2019elle lui a dit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dis-moi, Monique, tu viens d\u2019Alg\u00e9rie, c\u2019est \u00e7a\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Monique a r\u00e9pondu bien ferme\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Non, faut pas le dire\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ce matin-l\u00e0 dans cette classe, Monique a appris le poids des mots. Elle a su se taire sans mentir. Elle n\u2019a pas dit qu\u2019elle ne venait pas d\u2019Alg\u00e9rie, mais que c\u2019\u00e9tait quelque chose d\u2019indicible. Son non, c\u2019est donc un oui.<\/p>\n<p>Ce silence de survie qu\u2019une m\u00e8re impose \u00e0 son enfant dans un geste violent et protecteur, Radu Mihaileanu nous le montre dans le film dans <em>Vas vis et deviens<\/em>\u00a0: une m\u00e8re ordonne d\u2019un geste \u00e0 son enfant de partir <em>l\u00e0-bas<\/em>. Courte \u00e9treinte o\u00f9 elle retient ses larmes, puis elle le repousse et le gifle, pour le faire partir, en lui interdisant de pleurer. Elle lui impose de porter un silence qui durera vingt ans \u00ab\u00a0Pour que tu vives\u00a0\u00bb, lui dira plus tard un personnage du film.<\/p>\n<p><strong>\u00catre fran\u00e7ais, \u00e7a se dit comment ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9cole, Monique suit le m\u00eame programme que l\u00e0-bas\u00a0: litt\u00e9rature fran\u00e7aise, latin, histoire de France, g\u00e9ographie. Tiens c\u2019est dr\u00f4le, cette ann\u00e9e les d\u00e9partements 92 93 et 94 ont disparu. Quand elle regarde la carte de France, Monique ne voit plus l\u2019endroit o\u00f9 elle est n\u00e9e. Constantine, d\u00e9partement num\u00e9ro 93. Pourtant elle est bien fran\u00e7aise, sinon elle ne serait pas ici, dans ce pays tout gris. L\u2019Alg\u00e9rie\u2026 un pays qui sonnait diff\u00e9rent, qui respirait diff\u00e9rent, qui avait un battement de c\u0153ur diff\u00e9rent. Un pays, c\u2019est s\u00fbr, un pays. Chez nous. Ici c\u2019est pas chez nous. Pourtant on est chez nous en langue fran\u00e7aise, chez nous \u00e0 l\u2019\u00e9cole de la R\u00e9publique. Si on a \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s de notre pays, c\u2019est bien parce qu\u2019on \u00e9tait fran\u00e7ais !<\/p>\n<p>Allers retours sur un pont, \u00e0 n\u00e9gocier son identit\u00e9 au-dessus de la rivi\u00e8re impr\u00e9visible de l\u2019Histoire\u00a0:<\/p>\n<ol start=\"1492\">\n<li>Chass\u00e9s d\u2019Espagne en m\u00eame temps que les Arabes. Direction Maroc, puis Alg\u00e9rie. Pendant quatre si\u00e8cles, nous sommes les indig\u00e8nes de l\u2019Alg\u00e9rie, avec eux. On partage le m\u00eame sol, on se baigne dans la m\u00eame mer, on a le m\u00eame soleil dans la peau. On parle arabe.<\/li>\n<li>Nous voici Fran\u00e7ais par d\u00e9cret. Comme \u00e7a, parce qu\u2019on est Juifs. Voil\u00e0 qu\u2019une diff\u00e9rence accessoire de religion entra\u00eene des privil\u00e8ges\u2026<\/li>\n<\/ol>\n<p>\u2026et des devoirs. 1914, le grand-p\u00e8re est dans les tranch\u00e9es.<\/p>\n<p>Hiver 1940, le p\u00e8re rejoint son r\u00e9giment \u00e0 Lyon. Allons-y, puisque nous sommes fran\u00e7ais. Fran\u00e7ais indig\u00e8nes d\u2019Alg\u00e9rie. Et Juifs, accessoirement.<\/p>\n<p>Juifs, accessoirement. Juillet 1940\u00a0: retrait de la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise \u00e0 tous les Juifs fran\u00e7ais. Pendant que lui se bat en France, elle, sa fianc\u00e9e en Alg\u00e9rie, perd sa nationalit\u00e9 fran\u00e7aise.<\/p>\n<ol start=\"1945\">\n<li>Restitution de la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"1962\">\n<li>\u00ab\u00a0Ah vous \u00eates fran\u00e7ais ? Choisissez\u00a0: la tombe ou la valise !\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ol>\n<p>2001\u00a0: \u00ab\u00a0Mais tu es d\u2019o\u00f9 ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Alors, tu es d\u2019o\u00f9\u00a0?\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le temps a pass\u00e9. Monique s\u2019est construite en France, elle est <em>devenue<\/em>. Sa m\u00e8re est maintenant grand-m\u00e8re. La parole peut maintenant revenir, il n\u2019y a plus de danger. Mais pas pour Monique, condamn\u00e9e \u00e0 vie au silence et \u00e0 l\u2019amn\u00e9sie.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mamie, raconte-moi l\u2019Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb. Mamie raconte, avec la seule chose vivante qui reste de l\u00e0-bas\u00a0: son accent. Sarah comprend pourquoi on lui demande d\u2019o\u00f9 elle vient. C\u2019est inscrit sur son visage, dans la forme de son corps et la couleur de ses cheveux\u00a0: elle a des \u00ab\u00a0origines\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0 Tu es d\u2019o\u00f9 ?<\/p>\n<p>&#8211; De France.<\/p>\n<p>&#8211; Ah oui ? Mais tu es n\u00e9e o\u00f9 ?<\/p>\n<p>&#8211; \u00c0 Paris.<\/p>\n<p>&#8211; Mais tu n\u2019as pas des origines ?<\/p>\n<p>&#8211; ( Pas plus que toi)\u00a0Ma m\u00e8re est n\u00e9e en Alg\u00e9rie<\/p>\n<p>&#8211; Ah voil\u00e0 ! Je me disais bien\u2026<\/p>\n<p>&#8211; ( Tu te disais bien quoi ? Mais attends, c\u2019est pas ce que tu crois)\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pas le temps d\u2019expliquer qu\u2019on peut avoir un nom arabe sans \u00eatre musulman, qu\u2019on peut dire Alg\u00e9rie sans \u00eatre alg\u00e9rien\u2026La r\u00e9ponse \u00ab\u00a0Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb ne la satisfait pas. Mais la r\u00e9ponse \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb ne <em>les <\/em>satisfait pas. En remettant en question le fait qu\u2019elle soit fran\u00e7aise, ils condamnent l\u2019exil de sa grand-m\u00e8re et le silence de sa m\u00e8re \u00e0 n\u2019avoir \u00e9t\u00e9 que des accidents. Allez dire \u00e0 quelqu\u2019un qui a \u00e9t\u00e9 chass\u00e9 de son pays parce qu\u2019il est fran\u00e7ais que finalement il ne l\u2019est pas tout \u00e0 fait\u2026<\/p>\n<p>Sarah porte l\u2019Alg\u00e9rie sur son corps et sa jud\u00e9it\u00e9 dans son nom. Elle est le r\u00e9sultat d\u2019une \u00e9quation qui a pris trois g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 se r\u00e9soudre, et qui ne pose probl\u00e8me que dans les questions des autres. Ces petites questions clou\u00e9es \u00e0 la porte d\u2019entr\u00e9e de chaque rencontre.<\/p>\n<p>Alors elle immigre en Am\u00e9rique du nord. L\u00e0 o\u00f9 on a tous des origines. Mais partout o\u00f9 elle doit remplir des papiers, le multiculturalisme lui pose une nouvelle question\u00a0: \u00ab\u00a0Appartenez-vous \u00e0 une minorit\u00e9 visible ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>Font partie des minorit\u00e9s visibles les personnes, autres que les autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n\u2019ont pas la peau blanche.\u00a0<\/em>(loi sur l\u2019\u00c9quit\u00e9 en mati\u00e8re d\u2019emploi, 1995)<\/p>\n<p>Sarah ne cochera aucune case. Elle cherchera \u00e0 se dire autrement, loin des questions qui emprisonnent, loin des cases \u00e0 cocher. Sortir de l\u2019identit\u00e9. Trouver d\u2019autres mani\u00e8res de se raconter.<\/p>\n<p>Ne me demandez pas d\u2019o\u00f9 je suis.<\/p>\n<p>Demandez-moi plut\u00f4t ce que je cherche. Certains cherchent la tranquillit\u00e9, d\u2019autres le pouvoir, le savoir, la reconnaissance.<\/p>\n<p>Demandez-moi si je suis libertaire, r\u00e9publicaine, anarchiste, croyante ou ath\u00e9e. Si la vie m\u2019est un combat, un cadeau, un bourbier, un myst\u00e8re, quelque chose \u00e0 dig\u00e9rer, \u00e0 gratter ou \u00e0 \u00e9couter.<\/p>\n<p>Demandez-moi quels sont les silences que je tra\u00eene.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>article parmi les 35 finalistes du prix du t\u00e9moignage 2014 par les \u00e9ditions Le Manuscrit et le Huffington Post\u00a0 Septembre 1962, \u00e9cole pour filles de Maisons-Alfort, en banlieue parisienne. Dans une classe de CM1, l\u2019institutrice pr\u00e9sente une nouvelle venue\u00a0: \u00ab\u00a0Voici une nouvelle camarade, Monique. D\u2019o\u00f9 tu viens Monique ? La petite fille brune crispe ses [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":445,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":""},"categories":[19],"tags":[150,170,172,149,168,171],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v18.4.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>1954-2014 : anniversaire d&#039;un silence - Sarah Roubato<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"es_ES\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"1954-2014 : anniversaire d&#039;un silence - Sarah Roubato\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"article parmi les 35 finalistes du prix du t\u00e9moignage 2014 par les \u00e9ditions Le Manuscrit et le Huffington Post\u00a0 Septembre 1962, \u00e9cole pour filles de Maisons-Alfort, en banlieue parisienne. Dans une classe de CM1, l\u2019institutrice pr\u00e9sente une nouvelle venue\u00a0: \u00ab\u00a0Voici une nouvelle camarade, Monique. D\u2019o\u00f9 tu viens Monique ? La petite fille brune crispe ses [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Sarah Roubato\" \/>\n<meta property=\"article:author\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/SarahRubato\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2014-08-23T07:35:01+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2020-05-18T13:55:36+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/pieds-noirs.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"652\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"284\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary\" \/>\n<meta name=\"twitter:creator\" content=\"@SarahRubato\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Escrito por\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Sarah Roubato\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Tiempo de lectura\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"27 minutos\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/\",\"name\":\"Sarah Roubato\",\"description\":\"Desarrollar el potencial de las personas y de la sociedad\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"es\"},{\"@type\":\"ImageObject\",\"@id\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/#primaryimage\",\"inLanguage\":\"es\",\"url\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/pieds-noirs.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/pieds-noirs.jpg\",\"width\":652,\"height\":284},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/#webpage\",\"url\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/\",\"name\":\"1954-2014 : anniversaire d'un silence - Sarah Roubato\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/#primaryimage\"},\"datePublished\":\"2014-08-23T07:35:01+00:00\",\"dateModified\":\"2020-05-18T13:55:36+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/#\/schema\/person\/2685c6d7bef7b9e1a4080510ea89fc04\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"es\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"1954-2014 : anniversaire d&rsquo;un silence\"}]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/#\/schema\/person\/2685c6d7bef7b9e1a4080510ea89fc04\",\"name\":\"Sarah Roubato\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"@id\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/#personlogo\",\"inLanguage\":\"es\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f3b82a096236e32f3cb63cbce13ffb3d?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f3b82a096236e32f3cb63cbce13ffb3d?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Sarah Roubato\"},\"sameAs\":[\"https:\/\/www.facebook.com\/SarahRubato\",\"https:\/\/twitter.com\/SarahRubato\"],\"url\":\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/author\/sarah\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"1954-2014 : anniversaire d'un silence - Sarah Roubato","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/","og_locale":"es_ES","og_type":"article","og_title":"1954-2014 : anniversaire d'un silence - Sarah Roubato","og_description":"article parmi les 35 finalistes du prix du t\u00e9moignage 2014 par les \u00e9ditions Le Manuscrit et le Huffington Post\u00a0 Septembre 1962, \u00e9cole pour filles de Maisons-Alfort, en banlieue parisienne. Dans une classe de CM1, l\u2019institutrice pr\u00e9sente une nouvelle venue\u00a0: \u00ab\u00a0Voici une nouvelle camarade, Monique. D\u2019o\u00f9 tu viens Monique ? La petite fille brune crispe ses [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/","og_site_name":"Sarah Roubato","article_author":"https:\/\/www.facebook.com\/SarahRubato","article_published_time":"2014-08-23T07:35:01+00:00","article_modified_time":"2020-05-18T13:55:36+00:00","og_image":[{"width":652,"height":284,"url":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/pieds-noirs.jpg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary","twitter_creator":"@SarahRubato","twitter_misc":{"Escrito por":"Sarah Roubato","Tiempo de lectura":"27 minutos"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/#website","url":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/","name":"Sarah Roubato","description":"Desarrollar el potencial de las personas y de la sociedad","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"es"},{"@type":"ImageObject","@id":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/#primaryimage","inLanguage":"es","url":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/pieds-noirs.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/pieds-noirs.jpg","width":652,"height":284},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/#webpage","url":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/","name":"1954-2014 : anniversaire d'un silence - Sarah Roubato","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/#primaryimage"},"datePublished":"2014-08-23T07:35:01+00:00","dateModified":"2020-05-18T13:55:36+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/#\/schema\/person\/2685c6d7bef7b9e1a4080510ea89fc04"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/#breadcrumb"},"inLanguage":"es","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/analyses\/1954-2014-anniversaire-dun-silence\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"1954-2014 : anniversaire d&rsquo;un silence"}]},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/#\/schema\/person\/2685c6d7bef7b9e1a4080510ea89fc04","name":"Sarah Roubato","image":{"@type":"ImageObject","@id":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/#personlogo","inLanguage":"es","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f3b82a096236e32f3cb63cbce13ffb3d?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f3b82a096236e32f3cb63cbce13ffb3d?s=96&d=mm&r=g","caption":"Sarah Roubato"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/SarahRubato","https:\/\/twitter.com\/SarahRubato"],"url":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/author\/sarah\/"}]}},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/pieds-noirs.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/377"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=377"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/377\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4466,"href":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/377\/revisions\/4466"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media\/445"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=377"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=377"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=377"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}