
{"id":4133,"date":"2020-06-04T09:00:51","date_gmt":"2020-06-04T07:00:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/?p=4133"},"modified":"2022-05-30T12:35:30","modified_gmt":"2022-05-30T10:35:30","slug":"bonheur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sarahroubato.com\/es\/cequinousarrive\/bonheur\/","title":{"rendered":"Le droit de ne pas aspirer au bonheur"},"content":{"rendered":"<p><em>Il tourna dans l\u2019eau comme une roue, il dressa le cou et le tendit en l\u2019air vers les cygnes voyageurs, et poussa un cri si per\u00e7ant et si singulier qu\u2019il se fit peur \u00e0 lui-m\u00eame. Il lui \u00e9tait impossible d\u2019oublier ces oiseaux magnifiques et heureux\u00a0(&#8230;) Il n\u2019en \u00e9tait pas jaloux\u00a0; car comment aurait-il pu avoir l\u2019id\u00e9e de souhaiter pour lui-m\u00eame une gr\u00e2ce si parfaite\u00a0?<\/em><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Hans Christian Andersen, <em>Le vilain petit canard<\/em><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Cela peut para\u00eetre stupide, et m\u00eame h\u00e9r\u00e9tique. Car aujourd\u2019hui, du moins dans les pays o\u00f9 nous n\u2019avons pas \u00e0 passer nos journ\u00e9es \u00e0 nous demander si nous allons pouvoir manger, boire, \u00e9chapper \u00e0 des hommes arm\u00e9s ou sortir vivant du fond d\u2019une mine, nous poursuivons tous l\u2019id\u00e9al de bonheur personnel. C\u2019est un credo, une \u00e9vidence, qu\u2019il semble ridicule d\u2019interroger.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>&nbsp;Pourtant, la notion de bonheur individuel est toute r\u00e9cente dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9. Elle date du 18\u00e8me si\u00e8cle, et a \u00e9t\u00e9 salutaire pour \u00e9manciper l\u2019individu, qui jusque l\u00e0 devait assurer son salut et travailler \u00e0 celui du royaume. Au Moyen-\u00c2ge, des vertus comme l\u2019humilit\u00e9, la bravoure, la courtoisie, \u00e9taient l\u2019id\u00e9al d\u2019une vie de chevalier. On retrouve \u00e0 vrai dire dans beaucoup de cultures et de soci\u00e9t\u00e9s, d\u2019autres id\u00e9aux que celui du bonheur : l\u2019honneur chez les Samoura\u00ef par exemple,&nbsp; l\u2019harmonie dans le shinto\u00efsme, l\u2019\u00e9veil chez les Bouddhistes.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>&nbsp;On pourrait se dire que ces mots ne sont que d\u2019autres mani\u00e8res d\u2019exprimer le bonheur. Ce n\u2019est pas le cas. Bien des langues n\u2019ont pas de mot pour \u00ab bonheur \u00bb tout simplement parce que ce n\u2019est pas un id\u00e9al de vie. \u00ab Bonheur \u00bb dans le sens de la satisfaction et de jouissance, que ce soit celle de bien mat\u00e9riels, de la compagnie des autres, de l\u2019amour partag\u00e9, de l\u2019\u00e9panouissement professionnel. Mais je me demande parfois si ce nouveau credo ne fait pas peser sur certaines personnes un nouveau carcan. &nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Le bonheur entre les gouttes<\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>\u00ab&nbsp;\u00cates-vous heureux&nbsp;?<br>\r\n&#8211; Entre les gouttes. Le bonheur est un \u00e9tat d\u2019inconscience.&nbsp;\u00bb<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Cet aveu de Nicolas Hulot nous invite \u00e0 nous interroger. Certaines vies sont toutes enti\u00e8res dirig\u00e9es&nbsp; \u2013 et d\u2019une certaine mani\u00e8re confisqu\u00e9es \u2013 par une cause, un combat, une mission, qui d\u00e9passe les personnes qui les portent et s\u2019en trouvent investies. Souvent ces personnes ont un \u00e9tat de conscience des d\u00e9s\u00e9quilibres du monde tr\u00e8s pouss\u00e9, qui ne permet pas bien \u00e9videmment de jouir du bonheur. Comme Nicolas Hulot le d\u00e9crit, on s\u2019am\u00e9nage des moments heureux &#8211; on admire un paysage, on joue de la musique, on passe un bon moment avec des gens qu\u2019on aime &#8211; mais on n\u2019est pas \u00e0 la recherche d\u2019un bonheur individuel \u00e0 conqu\u00e9rir. L\u2019\u00e9tat de bien-\u00eatre que notre notion occidentale de bonheur nous am\u00e8ne \u00e0 diriger sur nous, on le trouve dans la contemplation d\u2019une r\u00e9paration que l\u2019on fait d\u2019un d\u00e9s\u00e9quilibre du monde : dans le sourire d\u2019un mis\u00e9rable dont on all\u00e8ge la souffrance, dans la naissance d\u2019animaux menac\u00e9s de disparition, dans la force que certains acqui\u00e8rent en lisant ou en \u00e9coutant ce que l\u2019on cr\u00e9e.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Certains disent qu\u2019on est courageux. Je ne crois pas. Simplement, nous n\u2019avons pas le choix&nbsp;: nous sommes ainsi faits. Nous nous devons \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 de ce qui nous traverse, tellement elle est puissante. Ce qui est prioritaire pour la plupart de nos contemporains devient non pas ignor\u00e9, mais secondaire : le succ\u00e8s, le repos, les plaisirs entre amis, la s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re et mat\u00e9rielle. Nous n\u2019allons pas nous emp\u00eacher de faire quelque chose parce que nous n\u2019en n\u2019avons pas les moyens. Le confort mat\u00e9riel, la vie affective, le repos, la sant\u00e9 parfois, passent toujours apr\u00e8s. Nous r\u00e9\u00e9valuons leur place au regard de ce devoir de v\u00e9rit\u00e9 que nous avons envers ce qui nous traverse.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Sc\u00e8ne de lyc\u00e9e : souvenir <\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Un jour, notre prof de litt\u00e9rature nous demanda qui voulait \u00eatre \u00e9crivain parmi nous. Je n\u2019ai pas lev\u00e9 la main. Il savait pourtant, et tout le monde savait. Il s\u2019est tourn\u00e9 vers moi et devant tout le monde m\u2019a interrog\u00e9. \u00ab Sarah ? Pourquoi vous ne levez pas la main ? \u00bb J\u2019ai r\u00e9pondu : \u00ab Je ne veux pas devenir \u00e9crivain, je le suis. \u00bb Ricanements, soupirs hochements de t\u00eate derri\u00e8re moi, chuchotements : elle p\u00e8te plus haut que son cul, pour qui elle se prend\u2026 Pourtant tout le reste de ma vie m\u2019a confirm\u00e9 dans cette intuition&nbsp;: je <em>suis<\/em> \u00e9crivain, c\u2019est-\u00e0-dire que je suis faite pour exprimer ce qui ne se dit pas, pour mettre des mots sur les cris que les gens et les situations ne poussent pas mais que j\u2019entends. Est-ce que j\u2019arriverai \u00e0 exister en tant qu\u2019\u00e9crivain <em>dans la soci\u00e9t\u00e9<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 acqu\u00e9rir ce statut social, \u00e0 en faire un m\u00e9tier dont je vis, \u00e0 avoir des lecteurs ? Et m\u00eame est-ce que j\u2019arriverai \u00e0 \u00e9crire ? \u00c7a c\u2019est une autre question.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>\u00c9crivain, c\u2019est mon geste au monde. \u00c9crire pour contribuer \u00e0 un id\u00e9al de justice et de v\u00e9rit\u00e9. Pour donner \u00e0 voir le monde tel qu\u2019il devrait \u00eatre, tel qu\u2019il pourrait \u00eatre, si on s\u2019y mettait. Secouer les certitudes qui nous enferment et proposer d\u2019autres mani\u00e8res de voir et d\u2019entendre le monde qui nous entoure.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Cr\u00e9er pour r\u00e9parer le monde<\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>On a beaucoup \u00e9crit d\u00e9j\u00e0 sur l\u2019insatisfaction perp\u00e9tuelle des artistes. Mais il ne s\u2019agit pas de la figure du po\u00e8te maudit. Il s\u2019agit de l\u2019acte m\u00eame de l\u2019art&nbsp;: car il est absolument anti-naturel d\u2019\u00e9crire ou de donner forme \u00e0 ce qui n\u2019en n\u2019a pas. Quand on est heureux, on vit ce moment, on n\u2019a pas besoin de l\u2019exprimer, puisqu\u2019il s\u2019exprime \u00e0 nous. On \u00e9crit pour r\u00e9parer le r\u00e9el. \u00ab&nbsp;On raconte ce que l\u2019on rate&nbsp;\u00bb, disait Brel. Chanter dans cet esprit l\u00e0, ce n\u2019est pas chanter ce qui nous passe par la t\u00eate, pour se vider ou se faire du bien, c\u2019est chanter pour faire du bien aux gens, pour les r\u00e9veiller, les secouer, les apaiser, leur redonner de l\u2019\u00e9nergie. Pour dire ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9, ce qui aurait pu \u00eatre, ce qui pourrait \u00eatre aussi. Dans tous les cas, on trempe la plume dans la plaie toujours \u00e0 vif qui s\u00e9pare ce qui est de ce qui pourrait \u00eatre.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Le bonheur entre parenth\u00e8ses<\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Un autre jour dans cette m\u00eame classe au lyc\u00e9e, le prof nous demande \u00ab&nbsp;Pourquoi \u00e9crire&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Et moi de r\u00e9pondre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je n\u2019\u00e9cris pas parce que \u00e7a me fait du bien ou parce que j\u2019aime \u00e7a. J\u2019\u00e9cris parce que je le dois.&nbsp;C\u2019est une obligation.&nbsp;\u00bb Si je consacrais mes journ\u00e9es \u00e0 me faire du bien, je les passerais \u00e0 marcher dans la for\u00eat et dans la montagne, \u00e0 jouer du piano et de la guitare, \u00e0 m\u00e9diter, \u00e0 danser, \u00e0 pratiquer des arts martiaux, \u00e0 lire, \u00e0 apprendre l\u2019harmonica.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Si je pouvais introduire l\u2019\u00e9criture dans cet emploi du temps id\u00e9al, et la pratiquer pour qu\u2019elle me soit si ce n\u2019est agr\u00e9able, du moins pas ali\u00e9nante, j\u2019\u00e9crirais uniquement sur papier, sans me soucier de comment acheminer le texte\u2026 jusqu\u2019\u00e0 vous, chers lecteurs. Car dans notre belle \u00e9poque, moi cr\u00e9ateur, je dois me charger de toute la communication et la diffusion de mon travail. Cela veut dire g\u00e9rer des sites, trouver des images, hasthaguer, publier sur les r\u00e9seaux sociaux, etc. J\u2019aurais mieux aim\u00e9 vivre \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le cr\u00e9ateur ne fait que cr\u00e9er et remet \u00e0 d\u2019autres le travail de la diffusion. J\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 fatiguer mon poignet \u00e0 \u00e9crire des manuscrits &#8211; ce que je fais d\u00e9j\u00e0 mais \u00e0 10% de ce que je pourrais faire &#8211; qu\u2019\u00e0 fatiguer mes yeux \u00e0 \u00eatre devant un \u00e9cran.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Je n\u2019irai pas me r\u00e9fugier dans la posture de l\u2019\u00e9crivain incompris n\u00e9 \u00e0 la mauvaise \u00e9poque qui maudit la technologie. Je me soumets au principe de r\u00e9alit\u00e9. Car il faut \u00eatre efficace. Et ce faisant, chaque jour de ma vie, je me renie. Chaque jour, je triche avec une part de moi, pour tenter d\u2019\u00eatre vraie avec une autre. Je cours apr\u00e8s cette urgence qui prend de plus en plus de place \u00e0 mesure que ma vie se d\u00e9plie et que je d\u00e9couvre tout ce qu\u2019il y a \u00e0 r\u00e9parer dans ce satan\u00e9 monde. Car voil\u00e0 le paradoxe apparent&nbsp;: c\u2019est bien parce que nous sommes farouchement ancr\u00e9s dans la vie, de plein pied et de pleine \u00e2me dedans, submerg\u00e9s par les offenses qu\u2019on lui fait, que nous \u00e9prouvons le besoin irr\u00e9pressible de tenter de le soigner, avec les outils que chacun poss\u00e8de. Mais ce faisant, on s\u2019accorde peu de place pour en jouir. Nicolas Hulot accepte un minist\u00e8re et s\u2019y casse les reins, d\u2019autres passent leur vie \u00e0 couvrir des sites de guerre, d\u2019autres passent leur journ\u00e9e devant \u00e0 \u00e9cran \u00e0 tenter de dire le monde. Bien s\u00fbr on s\u2019accorde des moments de respiration, sinon on ne pourrait pas tenir. Pour ne pas se couper de cette vie qu\u2019on d\u00e9fend, pour ne pas perdre de vue la beaut\u00e9 du monde et le pr\u00e9cieux des rencontres. Ce n\u2019est pas qu\u2019on renonce ou qu\u2019on m\u00e8ne une vie d\u2019asc\u00e8te. C\u2019est juste que, si un texte se pointe alors qu\u2019on allait partir en promenade, et bien on ne sort pas. Le soleil sera encore l\u00e0 demain, mais le texte, lui, sera parti.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>C\u2019est aussi ce qui fait qu\u2019on tient, fasse \u00e0 la b\u00eatise, \u00e0 la l\u00e2chet\u00e9, \u00e0 l\u2019inconstance des humains, \u00e0 tout ce qui fait mal, \u00e0 tous les trains qui nous passent devant et d\u00e9cr\u00e8tent qu\u2019il n\u2019y a pas de place \u00e0 bord pour nous. Ce qui fait qu\u2019on se rel\u00e8ve, qu\u2019on prend son baluchon et qu\u2019on marche, c\u2019est cette chose qui nous d\u00e9passe. On ne se referme pas, on ne s\u2019isole pas, mais \u00ab&nbsp;on a le cuir \u00e9pais&nbsp;\u00bb comme dit encore Nicolas Hulot. On n\u2019a pas le luxe d\u2019agir pour soi. Alors, quand le bonheur se pointe, on le prend, et m\u00eame on lui saute dessus, parce qu\u2019on en a soif. Je n\u2019ai rencontr\u00e9 le bonheur que dans des mouchoirs du temps, dans des moments suspendus, des parenth\u00e8ses que certaines personnes magnifiques m\u2019ont accord\u00e9es, mais qui ne se sont jamais d\u00e9pli\u00e9es. Parce qu\u2019ils n\u2019ont pas le temps, ou pas la volont\u00e9, ou juste parce que je n\u2019arrive pas au bon moment dans leurs vies.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Peut-\u00eatre un jour, quand la derni\u00e8re porte se sera ferm\u00e9e et que je n\u2019aurai plus la force d\u2019aller frapper \u00e0 la suivante, je prendrai le temps de jouir de ce qu\u2019il reste de la beaut\u00e9 du monde. En attendant, je le fais dans les insterstices de ce que les urgences m\u2019autorisent.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Mais certains soirs, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de lever les yeux au ciel et de se demander s\u2019il n\u2019y aurait pas, quelque part, un petit paquet d\u2019\u00e9toiles pour soi. Qu\u2019on puisse avoir une petite part de ce bonheur que les autres construisent, avec des lignes bien d\u00e9finies entre le travail et la vie priv\u00e9e, qui permette de consacrer du temps \u00e0 construire ces relations d\u2019amiti\u00e9, d\u2019amour, de famille, de s\u2019inventer une tribu, des gens avec qui on part en voyage, on partage des repas, des sorties, qui appellent juste pour prendre des nouvelles. La vie normale quoi. Et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019est le danger&nbsp;de pr\u00e9senter le bonheur \u2013 ce bonheur \u2013 comme l\u2019id\u00e9al absolu pour tous&nbsp;: car ceux dont le sens de la vie se situe ailleurs pour bien finir par croire qu\u2019ils se trompent.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Que quelque chose a chang\u00e9 pendant que nous passions<\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Il ne s\u2019agit pas de dire qu\u2019il existe une race \u00e0 part d\u2019individus pr\u00eats \u00e0 se sacrifier pour le bien du monde et d\u2019autres \u00e9go\u00efstes qui ne pensent qu\u2019\u00e0 leur petit bonheur. Par piti\u00e9 \u00e9vitons les sch\u00e9mas binaires et simplistes. Il s\u2019agit simplement de dire que ce qui fait le sens d\u2019une vie, son accomplissement, le sentiment quand on se retourne que \u00e7a aura valu la peine, ne saurait \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 un seul concept, fut-il le mieux intentionn\u00e9 du monde. Et puis, le bonheur, \u00e7a prend du temps \u00e0 construire. Le combat pour une cause aussi. Et il n\u2019y a toujours que vingt-quatre heures dans une journ\u00e9e.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Il est tr\u00e8s difficile de concevoir un autre id\u00e9al que celui qu\u2019une \u00e9poque, une culture, un syst\u00e8me de pens\u00e9e, des si\u00e8cles d\u2019histoire, ont produit. Nous sommes la queue de com\u00e8te de cette belle pouss\u00e9e de l\u2019individu qui a mis des si\u00e8cles \u00e0 s\u2019\u00e9manciper. Car nous avons r\u00e9ussi \u00e0 devenir esclaves d\u2019un syst\u00e8me qui nous vend le mythe de l\u2019\u00e9ternelle jouissance de biens. Et nous le cherchons toujours, cet id\u00e9al de bonheur individuel. \u00c0 tel point que nous avons du mal \u00e0 concevoir qu\u2019il existe un \u00e9tat de jouissance et de bonheur \u00e0 participer \u00e0 quelque chose de plus grand que soi, \u00e0 y apporter sa sueur, son travail, son d\u00e9vouement. On ne peut l\u2019envisager&nbsp; que comme un sacrifice. Pourtant ils existent, ces instants o\u00f9 on se dit : \u00ab C\u2019est bien. Ce que j\u2019ai fait l\u00e0, fait du bien. Je suis \u00e0 ma place. \u00bb Et \u00e0 ce moment-l\u00e0 notre vie pourrait s\u2019arr\u00eater, si on avait le temps de se retourner on se dirait qu\u2019elle aura valu la peine.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"124\" src=\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2020-03-15-\u00e0-22.36.36-1024x124.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4134\" srcset=\"https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2020-03-15-\u00e0-22.36.36-1024x124.jpg 1024w, https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2020-03-15-\u00e0-22.36.36-150x18.jpg 150w, https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2020-03-15-\u00e0-22.36.36-300x36.jpg 300w, https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2020-03-15-\u00e0-22.36.36-768x93.jpg 768w, https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2020-03-15-\u00e0-22.36.36-600x72.jpg 600w, https:\/\/www.sarahroubato.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2020-03-15-\u00e0-22.36.36.jpg 1300w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><br><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Disculpa, pero esta entrada est\u00e1 disponible s\u00f3lo en Franc\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4135,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":""},"categories":[17],"tags":[502],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v18.4.1 - 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