"L'extraordinaire au quotidien"

Voici ce qui aurait pu être le texte fondateur de ce projet :

Hella l’éleveuse de chevaux qui apprend à ses chevaux de course à vivre en troupeau pastoral, Olivier le paysan sans tracteur, Said le boxeur qui invente la boxe éducative, Cécile qui sculpte tous les gens qu’on ne voit pas : les détenus dans les prisons, les religieuses dans les couvents, les vieux en maisons de retraite. Elie le chanteur public qui fait des chansons sur mesure et amène la chanson et le partage dans des lieux improbables, Alain le boulanger qui oeuvre tous ses métiers…

Des hommes et des femmes, jeunes et moins jeunes, tous ici, en France, qui nous donnent à voir d’autres possibles. Des sources d’inspiration que les grands médias ne nous montrent jamais. Le pari de L’extraordinaire au quotidien est de nous donner à voir d’autres exemples, de beaux exemples, car ce n’est qu’en changeant nos représentations de la société qu’on pourra envisager d’autres possibles.

La rencontre : 

Ils cultivent un autre rapport au temps… et moments cocasses ! 

Ils ont une conception de l’éducation qui remue nos certitudes !

Pourquoi les écouter ?
Pour les découvrir un à un et les acheter à partir de 50 centimes d’euro cliquez ci-dessous : 

Olivier : habiter sa vie

Cécile : trouver le bon geste

Elie : faiseur de petits nous

Alain : oeuvrer ses métiers

Saïd : être champion de sa vie

Hella : la liberté qui s’adapte

 

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Agenda

Comment créer des soirées d’expression artistique qui ne soient pas le divertissement du soir ? Comment faire émerger une parole intime sans faire un cercle de développement personnel ? Comment envisager ensemble notre société sans entrer dans les échanges d’opinion des cafés citoyens ? Pour pouvoir définir ce l’on cherche à accomplir il est souvent bon de commencer par définir ce que l’on refuse. Retour sur ces vingt-sept soirées qui, du 28 septembre au 28 octobre, ont relié des centaines de personnes des Pyrénées aux Alpes françaises et suisses, en passant par des coins de Cévennes, de Tarn, de Provence et de Bourgogne.

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Qu’est-ce que j’ai fait pour mon rêve aujourd’hui et en quoi s’occupe-t-il de la beauté du monde ? C’est avec l’histoire de Pierrot, le vagabond parti marcher ses questions après avoir quitté une vie qui ne lui ressemblait plus, que s’ouvre chaque soirée de Sarah Roubato. Pourtant aucune ne se ressemble. Il n’y a pas de formule toute faite. Ce sont les gens, assis par terre sur un coussin dans une yourte ou bien sur des chaises bien serrées dans une salle de réunion, dans le canapé d’un salon ou sur le siège tournant d’un bar, qui tirent la discussion là où ils auront besoin d’aller.

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Tel est le principe de ces soirées qui combinent lecture, performance musicale, écoute de portraits sonores et parole. Que le centre ne soit pas l’auteur et son livre, mais le nous en train de se former. Que l’artiste ne soit qu’un passeur pour révéler, au détour d’une phrase, d’un mot, quelque chose qui dort au seuil du réel. Autour des lettres du livre Lettres à ma génération, de la lettre à un ado Trouve le verbe de ta vie, des portraits sonores L’extraordinaire au quotidien, et de quelques chansons, chacun est invité à exprimer des questionnements, des doutes, des espoirs, des coups de gueule, sur la société dans laquelle nous vivons, pour pouvoir en envisager une autre.

Y a-t-il du politique par ici ? IMG_9895

La question est revenue plusieurs fois. Elle longeait discrètement les conversations informelles autour du buffet ou du cendrier. N’y aurait-il pas quelque chose de politique dans ces soirées ? Mais au fait, que s’est-il passé au juste ? Des enfants, des adolescents, des adultes de plusieurs générations, aux vécus et accents différents, se sont réunis, pour écouter les paroles d’autres gens qui pourraient être leurs voisins, et pour faire le lien avec leur propre situation. Les uns ont constaté, les autres ont envisagé, d’autres encore ont questionné.

Un rêve, ça se construit d’après les représentations que nous nous faisons de notre société. Voilà pourquoi il faut d’abord modifier le récit que nous faisons de notre société, pour permettre à d’autres d’envisager d’autres possibles.

Tout commence par un silence gêné lorsque l’espace de parole s’ouvre. Puis quelqu’un ose : tantôt par une confidence intime et émue, tantôt par un avis déjà mûrement réfléchi qui a trouvé de quoi rebondir, tantôt un questionnement qui s’enfarge dans des mots encore trop jeunes.

IMG_9881Il y eut, d’ouest en est…

À Pau, une jeune femme qui a demandé : « Mais comment fait-on pour savoir ce qui nous manque ? ». Elle avait atteint tous ses objectifs : obtenir un CDI, acheter une voiture et un appartement. Et qui pourtant entendait des cordes grincer dans son ventre, comme Pierrot.

À côté de Albi, une lycéenne aux cheveux bleus qui apprend en autodidacte l’écriture, le dessin, le japonais et le manga, et qui tente de préserver sa soif d’apprendre dans tous ces domaines, dans le couloir étroit de l’orientation scolaire.

Pas loin de Lunel, un homme qui n’a pas pris la parole, mais qui confie après à quel point un portrait est entré en résonance avec lui, qui agit aussi à son niveau, avec les jeunes à travers le sport.

À Montpellier, un homme qui a ouvert la prise de parole en évoquant la qualité des silences et la nécessité de les autoriser.

À Manosque, une adolescente qui ne veut pas se laisser abîmer sa passion par une méthode d’enseignement qui ne lui convient pas, car elle a appris à regarder au-delà et à avoir une distance critique par rapport à l’enseignement.

Et puis il y eut tous les silences de ceux qui hochaient la tête, qui hésitaient, qui fronçaient les sourcils, qui souriaient. Il y a des gens dont la seule expression est l’écoute. Ils ne sont pas moins actifs que ceux qui parlent. Et ils sont absolument nécessaires, car leurs regards présents et alertes servent de balises à l’auteur en performance.

Des ressentis propres, des opinions singulières, des questionnements particuliers ont émergé. Mais le questionnement de chacun renvoyait à un questionnement plus profond, à un choix de société et de civilisation. À travers la diversité des situations, des régions et des cheminements, quelque chose de la France, de l’Occident, de notre époque, s’est exprimé. Et tout d’abord, le constat partagé que la plupart des individus vit dans un décalage entre ses aspirations et la vie qu’on mène. Parce que, convaincus que nous n’avons pas le choix, nous consentons à rester et à entretenir un système professionnel ou scolaire qui nous aliène. Alors, pourquoi rester ? La question a souvent été posée. Parce qu’on a peur. Peur de ce qu’on ne connaît pas et qui pourrait nous libérer, plus que de ce qu’on connaît et qui nous aliène. Or nos peurs les plus intimes nous disent quelque chose sur notre société. Nos peurs comme nos bonheurs sont définis culturellement par des normes sociales qui nous disent ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, ce qui est louable et ce qui est condamnable. Pouvoir discuter ensemble à la manière dont se reflète en nous ce qui fait notre société, ses maux, ses failles, ses forces, ses blessures et ses potentiels. Voilà qui semble bien être le début d’un acte politique citoyen. Propre à notre époque où l’étalon par lequel tout se mesure est l’individu.

Le spectacle des gens qui écoutent

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À chaque fois c’est un spectacle que personne ne soupçonne : un regard qui se perd dans son couloir émotif, qui en croise un autre le long d’un souvenir partagé, des têtes qui hochent, des rires qui se suivent, des silences qui s’entrecroisent, des larmes qui s’accueillent et se recueillent.

En pleine conscience de la présence des autres, les corps et les visages étaient visibles et non noyés dans une obscurité où chacun est livré à lui-même. Dans un cercle tantôt timide, tantôt pleinement assumé, ce dispositif permet aux gens de s’investir autrement dans la soirée.

 

De l’art sans divertissementIMG_9958

Quand nous allons voir un film, un concert, une lecture, que faisons-nous de la proposition qui nous est faite pour nos propres vies ? C’est là que le geste d’exprimer ce qui ne se dit pas prend tout son sens : ce moment où une phrase, une image, une émotion, passe par-dessus les rangées de fauteuils noyés dans l’obscurité, et vient se loger en nous, pour qu’on l’emporte comme la terre à ses souliers, qu’elle réinvestisse notre vie en nous la faisant visiter autrement. L’autorise-t-on seulement à nous suivre ? Se donne-t-on le temps de la ruminer ? Passée la porte du cinéma, de la salle de concert, quand nous rallumons nos téléphones et que nous passons si vite à autre chose, nous agissons en bons soldats de la société de consommation : se divertir, et oublier, pour avoir besoin à nouveau le plus vite possible.

L’enjeu de ces soirées, c’était de ne pas être un divertissement. D’engager les gens, par le corps, par la parole, par leurs silences, dans une écoute active où la proposition artistique rejoint tout de suite le paillasson du quotidien.

Une autre économie IMG_1954

Les lecteurs sont les agents de l’artiste. Ils deviennent passeurs, en proposant une soirée, en choisissant le lieu, en assumant la communication. Les soirées leur ressemblent. Distinguée, décontractée, chaleureuse, intime. Les uns offrent la soirée à leurs amis, les autres font participer. Les CD des portraits et des lettres sonores sont vendus sur place à prix libre. Comme toujours en autoproduction, l’enjeu est de se rembourser les frais. Puis de gagner de l’argent. Faire reconnaître que ce qu’on fait est un métier. Que si nous sommes dans une société où un café et une séance de cinéma a une valeur monnayée, un texte ou une chanson pourrait bien aussi en avoir. Si nous sommes dans un endroit qui le permet, alors on procède à des échanges de service, ou du troc. C’est ainsi que la voiture de la tournée s’est chargée d’une quinzaine de pots de confiture maison, de crème de marron, de miel, d’olives du jardin. Ils accompagneront l’auteure, comme le souvenir de ces rencontres privilégiées avec les passeurs, qui se déplient au-delà de la soirée.

Les passeurs des soirées : déjà des semeurs

IMG_1891Car cette tournée n’est pas une succession de performances artistiques. Passer ne veut pas dire ne pas investir un lieu, une région, un paysage. Entre deux points, la route peut bifurquer au gré des propositions du paysage : un champ embrumé du matin où les corbeaux surgissent, l’enseigne d’un café où la terrasse a l’air de chanter, une petite départementale qui offre des arbres généreux pour y casser la croûte. Tout simplement, être là, habiter le lieu et le moment. Pour quelques minutes ou pour plusieurs heures.

La rencontre avec les passeurs aussi s’investit et se déplient. Tard le soir en rangeant les assiettes, les conversations étirent la soirée. Ils vivent dans une yourte, dans une vieille ferme, dans une grande maison avec piscine, dans un petit appartement en centre-ville ou en banlieue. Les passeurs sont médecin, chevrier, ingénieur, vannier, thérapeute, chômeur, marionnettiste, expert en communication. Tous habités d’un même besoin de trouver d’autres manières de faire. Un besoin qui a parfois percé la coque du simple désir, qui est déjà mis en place, ou qui n’est encore qu’une vague idée.

IMG_1933Partager un petit moment leur quotidien, c’est découvrir leur rapport aux enfants, à l’habitat, à la nourriture, à ce qu’on appelle la culture. Entendre le processus du changement plutôt que le résultat. Car ces passeurs ne ressemblent en rien aux images de carte postale de l’alternatif qu’on nous présente parfois. Ils sont de plein pied dans la société. Ils font face à ses travers, ils font des compromis avec elle, et avec leurs habitudes. Ils vont à la rencontre de ceux qui ne sont pas encore dans cette remise en question. Ils ne vivent pas dans un entre-soi écolo hippie. Ils parlent de ce qu’ils font déjà, de ce qu’ils aimeraient faire, de leurs envies, de leurs frustrations. Ils sont parfois déçus par le nombre de chaises vides à la soirée, par ceux qui ont dit qu’ils venaient mais qui finalement avaient autre chose à faire, qui n’ont pas pris le temps de bien regarder de quoi il s’agissait, qui ne seraient pas venus s’ils ne les avaient pas appelés ou rencontrés. Ils rejoignent la préoccupation majeure de tout créateur aujourd’hui : comment faire venir les gens, les amener à se déplacer physiquement ? Comment communiquer dans un monde submergé de communication ? Comment engager une énergie, des frais de production, un travail, sans être sûr qu’il y aura une réponse ? Il y a un besoin, mais il n’y a pas de demande.

IMG_1923Car nous sommes pris dans une contradiction étonnante : il existe un besoin urgent qui se fait sentir dans toutes les couches de la société, d’autres manières de se réunir, d’envisager l’avenir, de faire, de travailler, d’éduquer, de manger, mais il n’y a pas de demande. Comme si nous étions si bien façonnés par la culture de la production économique, du bien-être passant par l’acquisition et l’accumulation du matériel, que tout pas de côté nous apparaît comme une déviance passagère, presque un effet de mode. Comme si nous ne savions plus regarder au-delà du pré jauni que nous continuons à brouter, et qui n’a besoin ni de chien ni de clôture pour nous y maintenir.

 

 

 

Où sont passés les hommes ?

Il serait malhonnête de faire l’impasse sur ce constat : des 27 passeurs de ces soirées, 26 étaient… des femmes. Dans toutes les soirées, les hommes représentaient entre 5 et 10% des personnes présentes. Où donc sont passés les hommes ? Les femmes seraient-elles de meilleures créatrices de lien social, sont-elles davantage dans une démarche de guérison que les hommes ? Sont-elles plus disponibles à parler de leurs ressentis ? Les femmes ne sont-elles pas plus présentes dans les activités dites culturelles – et les hommes, dans ce qu’on appelle la politique ? Il n’y a aucune fierté à en tirer. Seulement une brèche à colmater. De toute urgence. Car comment enfourcher sans les hommes et les femmes le cheval de bataille de tout changement social : l’éducation ?

L’éducation : au cœur de toutes les questions IMG_1790

« Pendant la campagne présidentielle on n’a jamais entendu parler d’éducation. Pourtant, pardon de le dire, mais le monde de demain, c’est nous, c’est pas eux. »

Voilà ce que dit un élève de terminale lors d’une rencontre autour des lettres. Un de ces adolescents absolument conscient d’être considéré comme une boîte qu’on gave de savoir, d’un savoir qui consiste à gober des informations et les recracher, plutôt qu’à développer l’intelligence, l’intuition et la créativité. Des professeurs contraints à appliquer un système de notation qui privilégie des compétences visibles et quantifiables, plutôt que des qualités d’adaptation, de compréhension et de critique. Son enseignante, descendue de l’estrade pour se mettre au milieu de ses élèves, leur confie qu’elle se sent piégée dans un programme qui ne correspond pas à ce qu’elle aimerait enseigner et à ce qu’elle sait être leurs besoins.

Ils sont peut-être plus nombreux qu’on ne le pense, ces élèves et ces professeurs, enfermés dans le carcan d’un système qui les aliène, et qui nous confisque la possibilité de forger une autre société par ceux qui la feront demain. Il serait peut-être temps de les écouter, et d’envisager avec eux comment s’affranchir.

Et après ? Propositions pour aller plus loin

livres cdLes soirées en appellent d’autres. De nouvelles formes sont à inventer. Les textes vivent avec et sans son auteur, en virtuel et en physique. Voici quelques idées pour faire vivre ces textes :

– organiser, sur une base régulière ou occasionnelle, des séances d’écoute collectives sans l’auteure, une pure diffusion, comme un cinéma des oreilles. Des portraits et des lettres sonores (cliquez sur les mots en gras) peuvent être achetés en ligne. Une rencontre par skype avec l’auteur pourra être organisée.

– accueillir le spectacle Lettres à ma génération dont vous trouverez ici des extraits de la première :

– Diffuser la Lettre à un ado Trouve le verbe de ta vie dans des écoles, des formations de réorientation pour adultes, des salles de profs, organiser des rencontres réunissant élèves parents et corps enseignants. Cette lettre sera prochainement éditée en petit livre qui sortira au printemps 2018 et sera en vente autour de 5 €. Pour réserver le livre (sans achat) contactez-moi. Une nouvelle version sonore sortira début 2018. Si vous souhaitez diffuser cette lettre sous une de ces formes contactez-moi ici

Merci pour tout ce qui est encore à venir ! Capture d’écran 2017-11-03 à 03.46.53Capture d’écran 2017-11-03 à 03.44.11

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Lettres en morceaux par Sarah Roubato

Chers lecteurs, chers auditeurs, chers passeurs,
Depuis octobre, les Lettres à ma génération sillonnent la France… et quelle France ! Bien loin de celle dont les grands médias nous dressent le portrait. Partout, des faiseurs d’un autre demain, des gens qui s’interrogent et se remettent en question, essayent et ratent, réessayent, labourent l’inconnu, recalibrent leur temps, remettent à l’heure leurs dépendances, recentrent leurs priorités. Des lecteurs devenus passeurs qui m’ont accueillis dans des cafés, des bibliothèques, des granges, des fermes, chez eux en centre-ville ou dans un hameau de montagne.

mafalda styloArtistes, créateurs, diseurs du monde, nous devons réinventer nos métiers et nous réapproprier de nouveaux espaces, et de trouver de nouveaux modèles économiques pour vivre. Dans ce nouveau système, c’est vous, lecteurs et auditeurs, qui devenez les agents, les relais, les distributeurs, de nos oeuvres.

À l’heure où nous avons de plus en plus besoin de nous réapproprier la parole citoyenne et notre vivre-ensemble, je vous propose de participer à une expérience inédite.

Organisons une grande tournée à l’automne 2017 !

Invitez vos amis, collègues, famille, voisins, dans votre salon, atelier, grange, fournil, et organisons ensemble pour l’automne 2017 une grande tournée de rencontres/performances à domicile dans toute la France, autour des Lettres à ma génération (cliquez pour en savoir plus) et des portraits sonores L’extraordinaire au quotidien. (cliquez pour en savoir plus). Une rencontre faite d’écoute et de parole, un acte politique au sens premier, pour adultes et ados, grands parleurs et grands écouteurs, esprits pleins de certitudes et âmes pleines de questionnements, autour de ces personnes chez nous, autour de nous, qui mènent leur vie en dehors des chemins tous tracés.

Que vous soyez dans une grande ville ou dans un hameau de montagne, n’hésitez pas ! Je me déplace aussi en Belgique Luxembourg et Suisse. Ces soirées peuvent prendre la forme d’une auberge espagnole où chacun amène quelque chose à manger, ou bien d’un partenariat avec des producteurs locaux qui viendraient faire partager leurs productions, tout est possible !
D’autres lieux sont bien entendu envisageables.
CONTRIBUTION DEMANDÉE : pot de confiture, miel du pays, corbeille de fruits de saison ou toute autre petite succulence de votre cru, ou 5 euros par personne.
NOMBRE DE PERSONNES : minimum 10, maximum ce que votre salon peut accueillir !
BESOINS LOGISTIQUES : un système de son pour diffuser les portraits et les bandes sonores

Comment devenir passeur ?
 
1. Vous inscrivez dès maintenant votre salon sur cette CARTE EN CLIQUANT ICI: tapez une adresse (vous pouvez indiquer une adresse approximative) et cliquez sur la goutte – ajouter un repère.
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2. Contactez-moi via le formulaire de ce site en me précisant le lieu, période possible, mail et numéro de téléphone.
 
3. Je trace des itinéraires possibles pour vous relier les uns aux autres et je vous proposerai des dates.
 
Au plaisir de vous rencontrer !
signature Sarah NB
aelie
"L'extraordinaire au quotidien"

Il est chanteur public, écrit des chansons sur mesure, organise des soirées dans les laveries, donne des ateliers d’écriture, voyage au Kurdistan, « comme une proie ». Elie échappe aux catégories habituelles, se réinvente son métier d’artisan des mots, et trouve des formats originaux pour en faire un moment de rencontre. Le temps d’une machine dans un lavomatic, le temps de prendre un thé au Kurdistan, le temps d’un atelier d’écriture, Elie invite à créer un petit nous, basé sur la diversité des savoir-faires, des âges, des origines.

On lui a souvent dit qu’il était dispersé. Mais Elie a appris à regarder autrement sa dispersion, et à en s’en servir comme d’une force. Il nous montre que pour chaque métier, il y a d’autres manières de faire à inventer.
Sur la pochette de son album, pas de photos de lui. Seulement du public en train de le regarder. Le regard qu’il fait naître dans les yeux des autres, c’est ça la trace que Elie laissera dans le monde.

Extraits en écoute libre ici :


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"L'extraordinaire au quotidien"

L’urgence est bien là. Celle de faire autrement. Mais pour envisager de faire autrement, il nous faut voir que d’autres chemins sont possibles. L’urgence première est celle de la représentation que nous nous faisons de notre société. Changer notre représentation pour envisager d’autres possibles. Aujourd’hui plus que jamais, la France a besoin de changer le miroir dans lequel elle se regarde.

aelie

Dans cette France qui s’inquiète d’elle-même, j’ai rencontré partout des gens qui donnent, accueillent, déploient leurs énergies pour réunir, pour donner accès, pour faire découvrir, pour créer des passerelles. De Lille à Brest, des Alpes aux Pyrénées. Des gens de tous les âges, des banlieues et des hameaux, des murs de bétons et des murs de vieille pierre, des petits studios aux grandes maisons. À croire que la solution est à notre portée.

La série de portraits L’Extraordinaire au quotidien cherche à montrer ces gens qui oeuvrent chaque jour en dehors des chemins tous tracés. Ils nous font voir que d’autres itinéraires sont possibles, pour peu qu’on recalibre nos priorités.

olivier recadreeCe projet, de la conception à la réalisation, de l’enregistrement à la mise en ligne, du montage à la communication, je le mène seule. Comme tous les créateurs indépendants, je lance des bouteilles à la mer sur trois, quatre, cinq projets en parallèle.

Dans ces conditions, je ne peux pas mener ce projet à la hauteur qu’il mérite. J’aimerais pouvoir enregistrer de nouvelles personnes, mais le travail de communication et de diffusion autour de ce qui existe déjà me prend trop de temps.

C’est pourquoi j’ai besoin de vous.

 

alain Je sais que vous êtes très sollicités pour cliquer, pour partager, pour signer des pétitions. Qu’il est plus facile de répondre présent en cliquant et en postant un doigt virtuel en l’air que d’aider son voisin.

Je ne vous demande pas vos clics ni vos partages. Ne vous donnez pas la peine de liker cette publication. Mais si vous avez l’envie de participer à quelque chose qui peut aider les autres, je vous lance cet appel. Pour que ces portraits inspirent le plus de monde possible, en particulier les jeunes.

said plusJe cherche des personnes qui pourront aider à la diffusion de ces portraits. Voici la liste non exhaustive de ce à quoi vous pouvez donner un coup de main, comme on aide un ami à déménager :

– proposer ces portraits pour diffusion à des radios, des maisons de retraite, des médias alternatifs en ligne

– envoyer des mails déjà préparés à vos amis pour accueillir les soirées d’écoute collective dans votre salon, dans des associations, aux Ruches qui dit Oui, aux AMAP, aux fermiers, producteurs, paysans, boulangers

Vous pouvez m’écrire via le formulaire de contact. Merci pour eux, merci pour vous, merci pour nous, merci pour le monde de demain.

Exif_JPEG_PICTUREMerci !

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alain
"L'extraordinaire au quotidien"

Avec Alain, il a suffi d’une poignée de secondes pour savoir que cette rencontre allait se déplier. Je le rencontre alors que je me suis trompée de chemin. Une pancarte, Pain au levain naturel me mène jusqu’à son antre.

Alain a été marin, chimiste, apiculteur. Aujourd’hui il est boulanger, et ne travaille qu’avec des variétés anciennes de blé. En cultivant la diversité de ses graines, il acquiert son autonomie. Alain a toujours oeuvré ses métiers, ne pouvant les exercer qu’en suivant ses convictions.

Des portes, il en a claquées. Des virages, il en a pris, et des raides. Mais toujours avec ce besoin d’exercer un métier qui puisse l’émerveiller chaque jour. Et à entendre l’ancien marin sortir ses pains du four, on ne doute pas que ce soit pour lui « À chaque fois, comme une aventure, comme un départ de régate ».

Extrait en écoute libre ci-dessous.


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"L'extraordinaire au quotidien"

extraits à écouter ici :

Au-dessus de la salle de boxe, une mezzanine, comme une cabane dans les arbres, où les jeunes qui viennent boxer reçoivent du soutien scolaire. Ici, le soutien, l’effort, le dépassement de soi ne s’arrêtent pas aux cordes du ring. Le sport est un modèle d’éducation et d’ une éthique de vie.

Saïd, coach et fondateur du lieu, cherche avant tout à construire des hommes et des femmes. Cet ancien champion de France nous emmène loin des clichés sur ce sport qui enseigne l’abnégation, la confiance en soi, le respect.

Le combat que Saïd mène se déroule dans un round plus long que celui des courses aux médailles, avec la vie comme seul arbitre. Il est le premier à avoir proposé l’enseigner la boxe aux enfants, faisant venir les classes entières avec les professeurs. Très vite les changements du comportement des élèves en classe se sont faits voir.

Saïd amène la boxe là où on ne l’attendait pas : aux enfants, mais aussi aux femmes. En 1997, une jeune fille pousse la porte du club pour lui demander où elle pourrait trouver un cours de taekwondo. Il lui propose d’essayer la boxe. C’est la naissance d’une championne de France, du monde et médaillée olympique, Sarah Ourahmoune, qui continue le lègue de Saïd : sortir les gens de leur condition, avec deux gants de cuir.

Musiques utilisées : 

C’est peut-être Allain Leprest par Jean-Louis Beydon

Am I wrong Anderson Paak

Change is gonna come : Aretha Franklin, Brother Jack McDuff, Otis Redding

Hadda Ouakki, chanteuse berbère défenseuse de la condition des femmes

Izem Fogharass Jadid Fatima Tabaa

Jamel Debbouze : entretien Sept à Huit 25 janvier 2015

Quatre boules de cuir Claude Nougaro

Sitting on the dock of the bay Otis Reddin

extrait de « Au coeur du ring » documentaire de Cédric Balaguier

 

 

Cécile : trouver le bon geste
"L'extraordinaire au quotidien"

Cécile sculpte ceux qu’on ne voit pas : les marins sur leur cargo, les détenus dans les prisons, les vieilles femmes en maison de retraite, les adolescents en soins psychiatriques, les religieuses dans un couvent. Elle remue des clichés, fait bouger les lignes et les hiérarchies sociales et la manière dont les gens se perçoivent.

La sculpture de Cécile nous invite à méditer sur le geste que nous imprimons à notre vie. C’est peut-être ça, qui compte le plus, le geste. Chacun sait s’il veut transmettre, chercher, briller, archiver ou découvrir, transmettre ou inventer, révéler, soigner. Le métier dans lequel nous commettons ce geste est le fruit du hasard.

Lorsque Cécile m’a invitée à venir à son atelier pour faire son portrait, c’était à une condition : faire un double portrait. Elle me sculpte pendant que je l’enregistre. Voici donc un double portrait en miroir, de deux portraitistes. L’une travaille dans la matière, l’autre dans l’immatériel, l’une par l’œil, l’autre par l’oreille.

Extraits en écoute libre ci-dessous.


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