J’ai dormi dans environ 1000 lits dans ma vie. J’ai décoré mon premier sapin de Noël l’année dernière. Quelque part dans une banlieue de Caroline du nord, j’ai deux soeurs afro-américaines qui se réveillent à 4 heures du matin tous les jours. Quelque part dans un village de terre du Haut Atlas marocain, une maman berbère qui est la première à allumer son feu chaque matin. Une meilleure amie de 8 ans dans une réserve naturelle de l’état de New York dont les yeux pétillants font sourire en ce moment au moins un adulte. Quelque part entre Ottawa et Montréal, une tante canadienne. Un grand frère de coeur pas loin de Toulouse, un tonton et une tata de coeur chez les Chtis.
Je suis toujours en quête de diversité – d’opinions, d’expériences, de langages, d’âges. Je cherche à créer des événements qui fuient l’entre-soi et sortent le geste artistique de la consommation culturelle pour l’inscrire dans le changement de société qu’il est urgent d’entreprendre. Je pense que notre monde a besoin de créer de nouveaux récits. Dans mon écriture, je travaille la forme courte (lettres, courts-lettrages, scène, chronique, chanson) et j’explore des modes de diffusion qui permettent de sortir de l’entre-soi (veillées, parcours sonores), autant dans les campagnes oubliées (fournils de boulangers, fermes…) que dans les grandes villes. J’ai toujours besoin de cultiver l’équilibre entre le terrain et l’analyse, entre diffusion numérique et rencontres physiques.
Pour me rencontrer, c’est par là. Ma bio à la troisième personne, c’est ci-dessous.
De la France à l’Amérique
Sarah Roubato n’a jamais hésité à prendre les tournants. Formée à l’École internationale de Paris, elle grandit dans une grande diversité culturelle et dans une éducation expérimentale, baignée dans l’anglais l’espagnol et le japonais dès l’âge de cinq ans. Elle intègre le lycée Henri IV en hypokhâgne mais refuse d’aller en khâgne. Départ pour le Canada à la recherche d’une éducation transdisciplinaire qu’elle poursuivra à l’École des Hautes Études en Sciences Sociale de Paris.
À la recherche d’une littérature incarnée dans le quotidien, elle se spécialiste en anthropologie de la littérature orale. Elle se rend treize fois au Maroc pour vivre avec les Berbères du Haut Atlas, dont elle apprend la langue et enregistre des milliers de trésors d’oralité. À vingt-trois ans, elle est la plus jeune invitée par l’Unesco et le programme de Préservation du Patrimoine Culturel Immatériel à présenter ses recherches. Parallèlement à ses recherches elle monte au Québec des spectacles mêlant chanson et théâtre, en s’accompagnant au piano et à la guitare dans lesquels elle interroge toujours la possibilité du changement : Puissances endormies (2016), Quai des Possibles (2018), D’une rive à l’autre (2019), Là où les rêves sont fertiles (2022) J’ai l’espoir qui boite (2023). Pour en savoir plus sur Sarah l’artiste de scène, cliquez ici.
Écrire
Sur son blog elle cherche comment les scènes apparemment anodines de notre quotidien questionnent les grands enjeux de nos sociétés et de notre temps. En invitant à sortir des schémas binaires, elle interroge notre rapport aux autres, au vivant, aux technologies. Elle défend la diversité dans tous les aspects.
À l’été 2015, elle écrit dans un cahier des lettres adressées à destinataires qui ne peuvent pas répondre. En novembre, une semaine après les attentats du Bataclan, elle écrit sur le blog de Mediapart « Lettre à ma génération : pourquoi je n’irai pas qu’en terrasse ». En trois jours, ce billet posté sur un groupe Facebook est lu par 1.5 millions de personnes, devenant l’article le plus lu de l’histoire du journal. Le recueil Lettres à ma génération (ed Michel Lafon) est son premier livre publié. Elle publie ensuite Trouve le verbe de ta vie (ed La Nage de l’Ourse) 30 ans dans une heure (ed Publie.net) et Chère époque (ed Parole, épuisé). Chroniques de terrasse, Quelque chose tombe et ce n’est pas la nuit, Enfants du même brouillard et Quelque part entre nulle part et adieu, Éloges, sont des récits encore inédits. Elle explore la forme courte (lettres, fragments, chroniques, scènes)pour chercher d’autres alternatives que le roman pour raconter un monde morcelé, changeant et multiple.
À la rencontre des autres
Adepte de l’oralité, Sarah Roubato crée des oeuvres sonores à partir de ses rencontres. Les semeurs du changement, est une série de portraits musicaux de personnes qui réinventent leur métier et une autre manière de vivre. À l’opposé du rythme médiatique, Sarah prend le temps de s’immerger dans leur quotidien, de creuser une relation de confiance pour faire émerger une parole authentique loin des interviews. Elle combine la méthode anthropologique de terrain par immersion et l’observation participante à la création artistique, pour créer un récit musical. Elle réalise ainsi des podcasts Dans la loge de l’artiste et Y’en a pas un sur cent, un podcast sur les artistes en temps de covid. Sa création sonore Enfants du même brouillard produite par la RTBF a remporté le prix public du festival international Phonurgia.
Consciente qu’il nous faut réinventer de nouveaux modes de diffusion et de partage du lien social, Sarah Roubato lance les veillées, rencontres organisées par les lecteurs et le public, où la proposition artistique – spectacle, lecture ou écoute de portraits sonores – est le prétexte d’une rencontre citoyenne. Il s’en est donné plus de 300 chez les habitants, dans des fournils de boulanger, des caveaux de vignerons, des fermes et bien d’autres lieux en France, Suisse et à l’île de la Réunion.
Pendant le premier confinement de la pandémie de Covid, elle crée le média Lettres d’une génération, qui donne la parole aux 15/25 ans pour qu’ils expriment le monde qu’ils vivent et celui auquel ils aspirent.
Sur ce blog
Le coeur de mon travail d’écriture se trouve dans mes manuscrits. C’est pourquoi vous trouverez sur ce blog une rubrique « Mes oeuvres refusées« .
Des articles :
- Analyses : mes analyses d’un événement d’actualité et de ce qu’il révèle de notre société
- Ce qui nous arrive, pour interroger notre société derrière les petites scènes de notre quotidien
- Ce qu’ils nous racontent, pour voir comment un artiste nous interroge sur notre société (cette rubrique n’apparaît plus dans le menu mais vous pouvez toujours la consulter sur ce lien)
- Des lettres : à des destinataires qui ne peuvent pas répondre pour interroger notre monde
- Bannir le binaire : des textes qui invitent à sortir de la pensée binaire
- Dans la loge de l’artiste : pour découvrir l’arrière-scène du métier d’artiste
- Autoportraits : des autoportraits décalés
Des podcasts et oeuvres sonores :
- Les Semeurs du changement : rencontres avec ceux qui réinventent leur métier
- Je ne suis pas une femme qui écrit : à voix nue, vous dire ce qu’est la réalité d’une femme qui crée, loin des clichés féministes
- Dans la loge de l’artiste : pour découvrir l’arrière-scène du travail des artistes
- Y’en a pas un sur cent : les artistes en temps de covid et la réinvention de nouvelles pratiques artistiques
- Enfants du même brouillard : Fiction sonore, prix Fiction Public du festival international Phonurgia. Des individus, des communautés et des peuples sont aux prises avec la marche du monde qui tentent de rester debout.
- Des vidéos de textes sonores et chansons
Mon site d’auteure compositeure interprète est ici : www.sarahchanson.com

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